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Carrelage salle de bain : comment choisir le format, la couleur et la pose pour une pièce durable et facile à entretenir

Carrelage salle de bain : comment choisir le format, la couleur et la pose pour une pièce durable et facile à entretenir

Carrelage salle de bain : comment choisir le format, la couleur et la pose pour une pièce durable et facile à entretenir

Carrelage salle de bain : les bons choix dès le départ pour une pièce belle longtemps

Refaire le carrelage de la salle de bain, c’est souvent le gros morceau d’un projet de rénovation. On veut quelque chose de joli, moderne, qui ne glisse pas, qui ne se tache pas… et qui ne se démode pas au bout de deux ans. Sauf qu’entre les formats, les couleurs, les effets matière, les schémas de pose et les joints, il y a vite de quoi s’y perdre.

Dans cet article, on va passer en revue les trois grands axes à bien réfléchir avant d’acheter :

  • le format du carrelage (taille, forme, épaisseur)
  • la couleur et le rendu (mat, brillant, effet pierre, bois, etc.)
  • la pose (schéma, joints, harmonie entre sol et murs)
  • Objectif : une salle de bain durable, facile à nettoyer, confortable au quotidien… et qui ne vous lasse pas au bout de quelques années.

    Commencer par le bon diagnostic : votre salle de bain a ses contraintes

    Avant même de parler de format ou de couleur, prenez cinq minutes pour “lire” votre pièce. C’est la base pour faire les bons choix.

    Posez-vous ces questions :

  • La salle de bain est-elle petite ou grande ? (moins de 5 m², entre 5 et 8 m², plus de 8 m²)
  • Y a-t-il une fenêtre ? Si oui, de quel côté arrive la lumière ?
  • La hauteur sous plafond est-elle standard (2,50 m) ou plutôt basse/haute ?
  • Le sol est-il parfaitement plan ou y a-t-il un rattrapage à prévoir ?
  • Vous avez une douche à l’italienne, une baignoire, ou les deux ?
  • Ces éléments vont influencer :

  • le format du carrelage (un grand format dans 3 m² mal éclairés, ce n’est pas toujours une bonne idée)
  • la couleur (les tons foncés dans une pièce aveugle accentuent l’effet “boîte”)
  • le type de pose (droite, en quinconce, pose verticale pour “pousser” les murs, etc.)
  • Exemple réel : dans un petit appartement que j’ai accompagné, la salle de bain faisait 3,5 m², sans fenêtre, avec un plafond à 2,40 m. Le propriétaire rêvait de grands carreaux anthracite partout. On a finalement opté pour :

  • un carrelage de sol en 60 x 60 cm, mat, gris moyen
  • un carrelage mural en 30 x 90 cm, blanc cassé, posé verticalement
  • un pan de mur dans la douche en carrelage texturé, même ton mais effet relief
  • Résultat : une pièce beaucoup plus lumineuse, et une impression de hauteur gagnée simplement grâce au sens de pose.

    Choisir le bon format : grand carreau, petit format, mosaïque… que prendre où ?

    On entend souvent : “plus le carreau est grand, plus ça agrandit la pièce”. C’est partiellement vrai… mais seulement si :

  • le support est suffisamment plan
  • la pièce n’est pas trop biscornue
  • la pose est bien maîtrisée
  • Sinon, vous risquez les défauts visibles, les coupes multiples et une pose plus coûteuse.

    Les grands formats au sol : 60 x 60 cm et plus

    Pour le sol, les formats les plus courants aujourd’hui sont :

  • 45 x 45 cm : un bon compromis dans les petites salles de bain
  • 60 x 60 cm : très répandu, moderne, assez facile à poser si le support est préparé
  • larges rectangles (30 x 60, 40 x 80, 45 x 90, etc.)
  • Avantages des grands formats :

  • moins de joints apparents (donc entretien plus simple et rendu plus épuré)
  • effet visuel plus contemporain
  • Inconvénients :

  • nécessitent une chape très plane, sinon les bords peuvent “sonner creux” ou être légèrement en relief
  • poids plus important, manipulation plus délicate (surtout en étage sans ascenseur…)
  • coupes plus compliquées dans les petites salles de bain
  • Pour les pièces de moins de 4 m², un format 45 x 45 ou 30 x 60 est souvent plus adapté qu’un 75 x 75, sauf si les murs sont bien droits et que vous travaillez avec un bon carreleur.

    Les formats muraux : jouer avec les proportions

    Pour les murs, on retrouve beaucoup de formats rectangulaires type :

  • 30 x 60 cm
  • 25 x 75 cm
  • 30 x 90 cm
  • “faïence métro” 7,5 x 15 cm
  • Quelques repères simples :

  • Pose verticale des grands rectangles : allonge la hauteur, utile si le plafond est bas.
  • Pose horizontale : élargit visuellement le mur, idéale dans les pièces étroites.
  • Petit format type “métro” : très décoratif, mais plus de joints (donc plus d’entretien) et pose plus longue.
  • Astuce : si vous choisissez un grand format mural (30 x 90, 30 x 120), pensez à vérifier les hauteurs de vos équipements (meuble vasque, niche de douche, robinetteries) pour éviter les coupes bancales pile au niveau du regard.

    La mosaïque : où et comment l’utiliser intelligemment

    La mosaïque est souvent utilisée :

  • au sol d’une douche à l’italienne
  • pour souligner une niche
  • en frise décorative (même si cette tendance se fait plus discrète aujourd’hui)
  • Avantages :

  • souplesse de pose dans les pentes (parfait pour la douche)
  • effet antidérapant accentué grâce aux joints nombreux
  • touche décorative, texture, jeu de lumière
  • Points de vigilance :

  • prévoir une mosaïque avec filet de bonne qualité, pour des joints réguliers
  • éviter les mosaïques en pâte de verre très brillantes au sol (traces d’eau et de savon très visibles)
  • penser à coordonner la mosaïque avec le carrelage principal (même ton ou ton voisin) pour éviter l’effet “patchwork”
  • Couleur et effet matière : ce qui vieillit bien (et ce qui fatigue vite)

    La couleur influence directement :

  • la luminosité de la pièce
  • la perception de l’espace
  • le niveau d’entretien (traces d’eau, de calcaire, de savon…)
  • Sol : entre praticité et chaleur visuelle

    Au sol, les tons les plus faciles à vivre au quotidien sont :

  • gris moyen (ni trop clair ni trop foncé)
  • beige/grège (tons sable, pierre claire)
  • effet béton ciré doux (pas trop marqué)
  • effet bois en teinte naturelle (ni trop jaune ni trop rouge)
  • Pourquoi éviter les extrêmes :

  • Carrelage très foncé (anthracite, noir) : chaque goutte d’eau séchée, chaque trace de calcaire ressort. Il faudra accepter de nettoyer plus souvent.
  • Carrelage très clair et uniforme (blanc, crème lisse) : les cheveux, poussières, petites salissures sont très visibles.
  • Dans une salle de bain familiale, un carrelage sol légèrement nuancé (effet pierre douce, béton, bois) camoufle beaucoup mieux les petits défauts du quotidien qu’un uni parfait.

    Murs : clair, mais pas forcément blanc clinique

    Sur les murs, les teintes claires restent vos meilleures alliées :

  • blanc cassé, ivoire, lin
  • beige très doux
  • gris perle
  • Si vous aimez la couleur, vous pouvez :

  • réserver les teintes plus marquées (vert, bleu, terracotta) à un seul pan de mur (souvent celui de la douche ou derrière la baignoire)
  • utiliser la peinture sur les parties non carrelées pour apporter du contraste (facile à changer si vous vous lassez)
  • Attention aux couleurs très tendances du moment. Le vert sauge ou le bleu canard peuvent être superbes, mais mieux vaut les intégrer en touches (peinture, linge, déco) qu’en carrelage intégral sur 15 m², surtout si vous comptez rester longtemps dans le logement.

    Rendu mat, satiné ou brillant : l’impact sur l’entretien

    Le choix de la finition joue énormément sur le ressenti et l’entretien :

  • Mat :
    – plus chaleureux et contemporain
    – les traces d’eau se voient moins
    – idéal pour le sol
  • Satiné :
    – bon compromis entre mat et brillant
    – facile à vivre au quotidien
    – souvent très adapté pour les murs de douche
  • Brillant :
    – renvoie bien la lumière, peut éclairer une petite salle de bain
    – mais laisse apparaître plus facilement les traces d’eau, surtout en eau calcaire
  • Pour une salle de bain utilisée tous les jours, je recommande généralement :

  • sol : carrelage mat ou légèrement satiné, classé antidérapant
  • murs : faïence satinée ou légèrement brillante hors zone de douche, satiné ou mat dans la douche pour limiter les traces
  • Antidérapant et sécurité : un critère à ne pas négliger

    Au sol, surtout dans la douche, ne regardez pas uniquement le look du carrelage. Vérifiez aussi sa classe de résistance au glissement. On trouve souvent des indications du type :

  • R9, R10, R11 (pour les sols intérieurs)
  • Pour un usage domestique en salle de bain :

  • R9 : acceptable hors douche
  • R10 : plus sécurisant, très adapté aux zones humides
  • mosaïque au sol de douche : les nombreux joints améliorent naturellement l’adhérence
  • Évitez absolument les carreaux trop lisses et brillants au sol, surtout si vous avez des enfants ou des personnes âgées à la maison.

    Pensez pose dès l’achat : droites, décalées, chevrons…

    Le même carrelage peut donner un rendu très différent selon le schéma de pose.

    Pose droite ou décalée ?

    Pour les formats carrés et rectangles, les deux poses les plus fréquentes :

  • Pose droite :
    – lignes bien alignées
    – rendu contemporain, sobre
    – met en valeur les grands formats
  • Pose en quinconce (décalée d’un demi-carreau ou d’un tiers) :
    – dynamique visuellement
    – traditionnelle pour les formats type 20 x 20 ou imitation parquet
  • Sur les grands formats rectangulaires, on conseille souvent un décalage d’1/3 plutôt que d’1/2 pour limiter l’effet “banane” si les carreaux ne sont pas parfaitement plats.

    Imitation parquet et chevrons

    Les carrelages imitation bois fonctionnent très bien dans une salle de bain, à condition de :

  • choisir une teinte naturelle (évitez les faux bois trop contrastés ou trop rougeâtres)
  • soigner le calepinage (sens de la “lame”, raccord avec les autres pièces)
  • Deux types de pose :

  • pose à l’anglaise (comme un parquet classique, en décalé)
  • pose en chevron ou bâton rompu (plus technique, plus chère, très décorative)
  • Si le budget pose est serré, restez sur une pose simple et jouez davantage avec la déco et les textiles pour le côté chaleureux.

    Les joints : la petite ligne qui change tout (et l’entretien)

    On y pense rarement en premier, mais le choix des joints est capital, à la fois pour l’esthétique et pour la facilité de nettoyage.

    Deux points à régler :

  • largeur du joint
  • couleur du joint
  • Largeur :

  • carrelage rectifié (bords très droits) : joints fins possibles (2 mm en général)
  • carrelage non rectifié : joints plus larges (3 à 5 mm)
  • Plus les joints sont fins, plus l’entretien est facile et le rendu moderne. Mais il faut respecter les recommandations du fabricant pour éviter les fissures.

    Couleur :

  • au sol : privilégiez un joint ton sur ton un peu plus foncé que le carreau pour limiter les marques (gris moyen sur carrelage gris clair, sable sur beige, etc.)
  • aux murs : joint clair sur carrelage clair, mais pas forcément blanc pur (un “perle” ou “ivoire” vieillit mieux)
  • Si vous aimez les carreaux type “métro”, attention au joint contrasté noir sur carreau blanc : c’est très graphique, mais chaque petit défaut de pose se voit, et l’entretien demande plus de soin dans la douche.

    Durabilité et entretien : matériaux et choix techniques à privilégier

    Pour une salle de bain durable et facile à entretenir, quelques règles de base :

  • Privilégier le grès cérame pour le sol : très résistant, peu poreux, adapté aux pièces humides.
  • Utiliser des faïences ou grès fins pour les murs : plus légers, plus faciles à poser en hauteur.
  • Éviter les matériaux trop poreux (vrai travertin brut, terre cuite non traitée) sauf si vous acceptez un entretien spécifique et des protections régulières.
  • J’ai vu plusieurs salles de bain rénovées avec un magnifique travertin non traité au sol. Au bout de deux ans : taches, zones sombres, calcaire incrusté autour de la douche. Si vous aimez le look pierre, préférez un grès cérame imitation pierre de bonne qualité : rendu très convaincant, zéro traitement particulier.

    Erreurs fréquentes à éviter

    Pour finir, voici une liste d’erreurs que je retrouve souvent en accompagnement de projets :

  • Choisir uniquement “au coup de cœur” dans le showroom, sans imaginer le carrelage en vrai dans votre lumière (toujours demander un échantillon si possible).
  • Mélanger trop d’effets : imitation bois au sol + pierre marquée aux murs + mosaïque brillante + frise décorative… Résultat : la pièce devient brouillonne.
  • Ignorer les contraintes techniques de la douche à l’italienne (pente, évacuation, antidérapant).
  • Vouloir absolument du très foncé au sol dans une région à eau très calcaire, sans accepter l’entretien que cela implique.
  • Oublier de coordonner le carrelage avec le plan vasque, le meuble, la couleur des profils de douche (noir, chromé, laiton…) pour un ensemble harmonieux.
  • Un dernier conseil : pensez votre salle de bain comme un tout. Le carrelage n’est pas qu’un décor, c’est aussi un matériau technique qui va vivre avec vous tous les jours. Mieux vaut un choix sobre, bien posé, durable et facile à entretenir, qu’un effet “waouh” qui vous fatiguera au bout de deux ans et vous demandera des heures de nettoyage.

    En prenant le temps de réfléchir au format, à la couleur et au type de pose dès le départ, vous mettez toutes les chances de votre côté pour obtenir une salle de bain agréable, fonctionnelle et belle pendant longtemps.

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